EMC et laïcité

pourquoi « enseignement moral et civique » ?
mercredi 17 août 2016
par  Julien Daget
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Les premières séquences d’EMC (enseignement moral et civique) sont consacrées à une présentation de cette discipline nouvelle, puis à la question de la laïcité à l’école.

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Présentation de l’EMC en première
8 p. ; CC BY-SA.

Extrait du début du film Joyeux Noël, réalisé en 2005.

Le petit Français : « Enfant, regarde sur ces cartes ce point noir qu’il faut effacer. De tes petits doigts sur les cartes, en rouge il faut mieux le tracer. Plus tard, quoique le sort te face, promet-moi bien d’aller là-bas, chercher les enfants de l’Alsace, qui nous tendent leurs petits bras. Puisse, en notre cher France, les rameaux verts de l’espérance, fleurirent par toi, mon cher enfant. Grandis, grandis. La France attend. »

Le petit Britannique : « Pour effacer de la carte toute trace de l’Allemagne et des Huns, nous devons exterminer cette race, sans en laisser un seul. Ignorez les pleurs des enfants, tuez-les tous, les femmes aussi : sinon, ils se relèveront un jour, alors que, morts, ils ne pourront le faire. »

Le petit Allemand : « Nous avons un seul et même ennemi, qui creuse la tombe de notre Allemagne. Son cœur est plein de haine, de fiel et d’envie. Nous avons un seul et même ennemi : le scélérat lève sa main meurtrière. Son nom, tu le connais : c’est l’Angleterre. »


Le père Noël a été pendu hier après-midi aux grilles de la cathédrale de Dijon… et brûlé publiquement sur le parvis. Cette exécution spectaculaire s’est déroulée en présence de plusieurs centaines d’enfants des patronages. Elle avait été décidée avec l’accord du clergé qui avait condamné le père Noël comme usurpateur et hérétique. Il avait été accusé de paganiser la fête de Noël et de s’y être installé comme un coucou en prenant une place de plus en plus grande. On lui reproche surtout de s’être introduit dans toutes les écoles publiques d’où la crèche est scrupuleusement bannie. Dimanche à trois heures de l’après-midi, le malheureux bonhomme à barbe blanche a payé comme beaucoup d’innocents d’une faute dont s’étaient rendus coupables ceux qui applaudiront à son exécution. Le feu a embrasé sa barbe et il s’est évanoui dans la fumée.

À l’issue de l’exécution, un communiqué a été publié dont voici l’essentiel : « Représentant tous les foyers chrétiens de la paroisse désireux de lutter contre le mensonge, 250 enfants, groupés devant la porte principale de la cathédrale de Dijon, ont brûlé le Père Noël. Il ne s’agissait pas d’une attraction, mais d’un geste symbolique. Le Père Noël a été sacrifié en holocauste. À la vérité, le mensonge ne peut éveiller le sentiment religieux chez l’enfant et n’est en aucune façon une méthode d’éducation. Que d’autres disent et écrivent ce qu’ils veulent et fassent du Père Noël le contrepoids du Père Fouettard. Pour nous, chrétiens, la fête de Noël doit rester la fête anniversaire de la naissance du Sauveur. »

L’exécution du Père Noël sur le parvis de la cathédrale a été diversement appréciée par la population et a provoqué de vifs commentaires même chez les catholiques. D’ailleurs, cette manifestation intempestive risque d’avoir des suites imprévues par ses organisateurs.

« On a brûlé le Père Noël après l’avoir pendu », France-Soir, 24 décembre 1951.

[...] À la sortie d’un grand jeu liturgique, 250 enfants se sont regroupés devant la porte de la cathédrale Saint-Bénigne. Désireux de lutter contre la fabulation trompeuse du Père Noël, ils ont admiré ce grand personnage fait de mains d’hommes, suspendu à la grille. Puis le Père Noël a été solennellement brûlé…

Bien public, 24 décembre 1951.


Charte de la laïcité à l’école, 2013, sur education.gouv.fr.


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