2022, sujet J1 pour Métropole, Antilles et Guyane

épreuve du 11 mai 2022
mercredi 11 mai 2022
par  Julien Daget
popularité : 1%

22-HGGSPJ1ME1
Sujet J1 en Métropole (11 mai 2022)

Le candidat traitera un sujet de dissertation, au choix parmi les sujets 1 et 2. Il précisera sur la copie le numéro du sujet choisi pour la dissertation.


Sujet de dissertation 1
La conquête de l’espace de 1957 à nos jours : rivalités et coopérations.


Sujet de dissertation 2
Les États-Unis et l’environnement à différentes échelles.


Étude critique de documents – L’évolution des formes de la guerre.

Document 1 – Estampe de Johann Lorenz Rugendas (1775-1826), La grande bataille d’Austerlitz.
Rugendas, Austerlitz

Document 2

Composé en bonne partie de moudjahidines [1] étrangers ayant prêté allégeance à Oussama Ben Laden, mais contrôlé en Irak même par le Jordanien Abou Moussad Al-Zarquaoui, AQI (AI-Qaïda en Irak) est à l’origine d’une campagne d’une extrême violence contre les forces de la coalition, le gouvernement irakien et les chiites du pays. Son objectif avoué consiste à faire voler en éclats le nouvel Irak en vue d’y instituer un califat. Par habitude, nous avons entrepris de cartographier l’organisation en lui attribuant une structure militaire traditionnelle, avec ses échelons et ses rangs. Au sommet se trouvait AI-Zarkaoui, suivi d’une succession de lieutenants et de fantassins. Cependant, plus nous y réfléchissons, plus nous constatons que ce modèle ne fonctionnait pas. Les lieutenants d’AQI n’attendaient pas les directives de leurs supérieurs pour agir, et encore moins les ordres de Ben Laden. Les décisions se prenaient de façon décentralisée, mais rapide, puis étaient transmises horizontalement à travers l’organisation. Les combattants d’AI-Zarkaoui étaient bien adaptés aux régions qu’ils fréquentaient, comme Falloujah et AI-Qaim [2], dans la province orientale d’Anbar, et grâce à la technologie moderne, ils entretenaient des liens étroits avec le reste de la province et du pays. Argent, propagande et information circulaient à un rythme alarmant, permettant une coordination rapide et efficace. Nous les voyions changer de tactique (passer d’attaques à la roquette à des attentats suicides, par exemple) quasi simultanément dans différentes villes. Ils exécutaient une funeste chorégraphie dont la structure, souvent méconnaissable, était en constante évolution.

Propos tenus en 2011 dans la revue Foreign Policy par le commandant des forces spéciales américaines Stanley McChrystal (2003-2008), publiés dans Jérémy Scahill, Diry Wars : le nouvel art de la guerre, 2014.


[1Combattants engagés dans le Djihad.

[2Villes d’Irak.