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publié en décembre 2020
dimanche 30 mai 2021
par  Julien Daget
popularité : 2%

Dissertation 1
Le patrimoine, héritage du passé ou construction mémorielle ?

Dissertation 2
Diffuser la connaissance, un enjeu pour les communautés savantes et pour les États.


Étude critique de document(s) 1 – « L’environnement entre exploitation et protection : un enjeu planétaire. »

Consigne : En analysant le document et en vous appuyant sur vos connaissances, répondez à la question suivante : pourquoi et comment le changement climatique devient-il un enjeu des relations internationales ?

Du 12 au 23 février 1979, la Conférence mondiale sur le climat a réuni à Genève un groupe d’experts et de scientifiques issus de 50 pays, sous le patronage de l’Organisation météorologique mondiale et avec la collaboration de plusieurs organismes internationaux.
Considérant l’influence prédominante que le climat exerce sur la société humaine et compte tenu de l’importance croissante que les facteurs climatiques revêtent pour de nombreux aspects des activités et des entreprises humaines, la conférence estime qu’il est devenu indispensable et urgent que les pays du monde entier :
a) tirent pleinement parti des connaissances actuelles sur le climat ;
b) prennent des mesures pour approfondir sensiblement ces connaissances ;
c) prévoient et préviennent celles des conséquences possibles de l’action de l’homme sur le climat qui pourraient nuire au bien-être de l’humanité.

Le problème
Le climat mondial a lentement évolué au cours des millénaires, des siècles et des décennies écoulés et il continuera de se modifier à l’avenir. Or, si l’homme peut tirer profit de conditions climatiques favorables, il est aussi vulnérable aux changements et aux variations du climat comme aux manifestations de conditions extrêmes telles que les sécheresses et les inondations. L’alimentation, l’eau, l’énergie, l’habitat et la santé sont autant d’aspects de la vie humaine qui dépendent fortement du climat. Les mauvaises récoltes céréalières et le déclin marqué de certains types de pêches qui se sont produits récemment mettent l’accent sur cette vulnérabilité.
Or, même des variations normales et de faibles changements par rapport aux conditions climatiques normales peuvent exercer une influence importante sur les activités de l’homme.
Si tous les pays sont vulnérables aux variations climatiques, les pays en développement, surtout ceux qui sont situés dans des zones arides et semi-arides ou au contraire très pluvieuses, le sont plus particulièrement. Il est toutefois possible d’atténuer les répercussions néfastes de ces variations et même d’en tirer parti en mettant à profit les connaissances climatologiques disponibles. Les climats des différents pays du globe sont interdépendants. C’est pour cette raison, et aussi à cause de la demande croissante de ressources émanant d’une population mondiale en expansion et qui lutte pour améliorer ses conditions de vie, qu’il est urgent d’élaborer une stratégie globale commune visant à mieux comprendre le climat et à l’utiliser de façon plus rationnelle.
Or, sans le vouloir, l’homme moderne modifie le climat à l’échelon local et aussi, dans une moindre mesure, à l’échelle régionale. On peut donc sérieusement craindre qu’en intensifiant sans cesse ses activités l’homme ne provoque des changements climatiques dont l’effet se ferait sentir dans toute une région, voire dans le monde entier. Cette éventualité ne fait qu’accentuer le caractère urgent d’une action mondiale concertée visant à étudier l’évolution possible du climat mondial et à utiliser les nouvelles connaissances ainsi acquises pour organiser le développement futur de notre société.

Source : Extraits de la « Déclaration finale de la conférence mondiale sur le climat tenue à Genève du 12 au 23 février 1979 », in Organisation météorologique mondiale, Conférence mondiale sur le climat, conférence des experts sur le climat et l’homme, Déclaration et documents annexes, Genève, 1979, p. 1-5.


Étude critique de document(s) 2 – « Clausewitz et les conflits contemporains »

En analysant les documents, en les confrontant et en vous appuyant sur vos connaissances, répondez à la question suivante : la conception clausewitzienne de la guerre permet-elle de comprendre les conflits d’aujourd’hui liés au djihadisme ?

[Le politologue et historien Raymond Aron analyse la pensée de Clausewitz développée dans son traité De la guerre.]
Au point de départ, le modèle le plus simple, celui du duel, qui suggère une première définition de la guerre, épreuve de volonté avec l’emploi de la violence physique. L’analyse du modèle conduit à la théorie de l’ascension aux extrêmes […] et de la guerre absolue […]. En un deuxième moment, Clausewitz réintroduit les éléments principaux que le modèle a négligés : l’espace (un État n’est pas un lutteur, il dispose d’un territoire, d’une population) ; le temps (le sort d’une guerre, d’une bataille, d’un État ne se décide pas en un seul instant) ; l’asymétrie entre l’attaque et la défense, qui rend compte de la suspension des opérations ; enfin la politique, qui fixe la fin de la guerre elle-même et, en fonction de l’ensemble des circonstances, des intentions supposées de l’ennemi et des moyens disponibles, détermine le plan de guerre, la mesure des efforts. Le premier chapitre, résumé de la philosophie du traité tout entier, aboutit à une deuxième définition […] du phénomène guerre, étrange triade de la passion (le peuple), de la libre activité de l’âme (le chef de guerre) et de l’entendement (la politique, l’intelligence personnifiée de l’État).
[…] La pensée de Clausewitz se prête à deux interprétations, non pas contradictoires mais divergentes. Ou bien on retient pour centre de sa pensée la bataille d’anéantissement […]. Ou bien on fixe son attention sur l’autre versant de sa pensée : la guerre continuation de la politique par d’autres moyens ou avec l’addition d’autres moyens, donc la primauté de l’homme d’État sur le chef militaire, l’affirmation répétée que la guerre absolue ou idéale est la plus rare dans l’histoire, que la plupart des guerres, mesurées à la guerre absolue, ne sont que des demi-guerres. […]
Comparée au XXe siècle, la période révolutionnaire et napoléonienne ne semble qu’une pâle répétition d’une pièce d’horreur à grand spectacle.

Source : Raymond Aron, Mémoires, Paris, Julliard, 1983, p. 646-649.


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