Propositions de collaboration

mardi 31 octobre 2017
par  Julien Daget
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Consigne : votre présentation et votre analyse des deux documents doivent montrer quelles relations franco-allemande l’État français souhaite développer.


Monsieur le Chancelier,
L’anniversaire de l’entrevue de Montoire [1] est une date dont je tiens, en dehors du protocole, à marquer le sens et la portée. Il y eut dans votre geste de l’an dernier trop de grandeur pour que je ne sente pas le devoir de souligner en termes personnels, le caractère historique de notre conversation.
La collaboration franco-allemande n’a, sans doute, pas donné tous les résultats qu’en attendaient vos prévisions et mon espoir. Elle n’a pu, encore, éclairer de sa lumière adoucissante ces régions sombres où l’âme d’un peuple blessé se révolte contre son infortune.
Nos populations souffrent cruellement et nos prisonniers ne sont pas rentrés. Trop de propagandes étrangères s’évertuent, enfin, à creuser un fossé entre l’occupant et l’occupé. Mais la France a conservé le souvenir de votre noble geste. Elle sait que tous les fruits n’en seront pas perdus.
La victoire de vos armes sur le bolchevisme offre plus encore qu’il y a un an à cette collaboration un motif de s’affirmer désormais en des œuvres pacifiques, pour la grandeur d’une Europe transformée. Sur ces chemins de haute civilisation, le peuple allemand et le peuple français sont assurés de se rencontrer et d’unir leurs efforts.
C’est le vœu sincère et profond que je forme en vous priant, monsieur le Führer Chancelier, de bien vouloir agréer les assurances de ma très haute considération.
Philippe Pétain

Télégramme du 10 juillet 1941 adressé à Adolf Hitler. Publié dans Philippe Pétain et Jacques Isorni, Actes et écrits : la guerre et la nation... la défaite et le redressement, Paris, Flammarion, 1974.


Monsieur le Chancelier,
Après un entretien que je viens d’avoir avec le président Laval [2] et en raison de la dernière agression britannique que s’est déroulée cette fois sur notre sol [3], je vous propose d’envisager la participation de la France à sa propre défense ; je suis prêt à examiner les modalités de cette intervention, si vous en acceptez le principe.
Je vous prie, monsieur le Chancelier, de considérer cette intervention comme l’expression sincère de ma volonté de faire contribuer la France à la sauvegarde de l’Europe.
Philippe Pétain

Télégramme du 21 août 1942 adressé à Adolf Hitler [4]
Document conservé aux Archives nationales, sous-série Haute Cour de justice, volume 10, cote 3W/333, dossier Charles Rochat (secrétaire général des Affaires étrangères) volume 56, pièce 7.


[1Le 24 octobre 1940, Philippe Pétain et Adolf Hitler se sont rencontrés dans la gare de Montoire-sur-le-Loir pour établir les principes d’une collaboration franco-allemande.

[2Pierre Laval était chef du gouvernement (équivalent de président du Conseil des ministres) de l’État français d’avril 1942 à août 1944. Il fut condamné à mort pour haute trahison par la Haute Cour de justice et fusillé en 1945.

[3Le raid mené par les Canadiens et les Britanniques sur Dieppe, le 19 août 1942.

[4Pétain, lors de l’instruction de son procès en 1945, a nié être l’auteur de ce message, « contraire à sa politique et incompatible avec sa pensée », selon Les Silences du maréchal : documents inédits en annexe, Paris, Les Éditions nouvelles, 1948, p. 56-57.


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