L’âge de la voile

Age of Sail : 1610-1859
mardi 3 octobre 2017
par  Julien Daget
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Dialogue pacifique entre Britanniques et Français
Bataille de la Chesapeake en 1781. V. Zveg, Second Battle of the Virginia Capes, 1962. Hampton Roads Naval Museum, Norfolk, VA.

Les marines de guerre jusqu’au milieu du XIXe siècle sont toutes composées de navires construits en bois (la coque en chêne et la mâture en résineux) et propulsés par des voiles (d’où une grande lenteur et une dépendance au vent), quelques fois à la rame.
Depuis le XVIe siècle, suivant le modèle des grandes caraques portugaises puis des galions espagnols, l’armement est essentiellement composé de canons à âme lisse et à chargement par la gueule, tirant plutôt lentement des boulets ronds en fonte propulsés par de la poudre noire : la portée utile est réduite à quelques centaines de mètres, au maximum à 3 km.

La force d’un navire étant fonction du nombre de ses canons et de leur taille [1], les catégories forment une gamme : les plus puissantes unités sont les vaisseaux (ships-of-the-line, surnommés aussi man-of-war en anglais) hiérarchisés entre-eux en fonction du nombre de canons (les 118, 110, 100, 98, 80, 74 et 64 canons), destinés aux grandes batailles ; en-dessous les frégates (frigate, de 48 à 32 canons de 18 ou 12 livres), plus rapides, servant de chasseurs et d’éclaireurs aux flottes ; tout en bas la poussière navale, pourchassant les navires de commerce et transportant les informations : les corvettes (sloop-of-war), brick (brig ou brig sloop), goélettes (schooner) et cotre (cutter), avec des canons plus modestes (des 6 ou 4 livres).


Le Victory à Trafalgar

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Geoff Hunt, The Heavyweight Punch, 2005.

La peinture ci-dessus (une huile sur toile) représente trois vaisseaux en ligne, toutes voiles dehors [2]. C’est le matin du 21 octobre 1805 : 27 vaisseaux britanniques avancent en deux colonnes parallèles pour attaquer les 33 franco-espagnols, déclenchant la bataille de Trafalgar.
Il s’agit de la colonne au vent, avec en tête le navire amiral de Nelson, le HMS [3] Victory, un vaisseau de « premier rang » (first-rate, armé de 104 canons), suivi par deux vaisseaux de deuxième rang (second-rate, avec 98 canons) les HMS Temeraire et Neptune, puis par le Leviathan, un troisième rang (third-rate, 74 canons).

Un vaisseau de la taille du Victory est assez rare : la flotte de Nelson compte trois premier-rangs (100 canons) et quatre deuxième-rangs (98 canons) pour vingt troisième-rangs (74 ou 64 canons), quatre frégates (36 ou 38 canons de 18 livres), un cotre (dix caronades de 12 livres) et une goélette (huit caronades de 12).
L’armement du Victory est disposé en étages le long des flancs : dans la première batterie (lower gundeck, la plus basse) 30 canons de 32 livres, dans la deuxième batterie (middle gundeck) 28 canons de 24, dans la troisième batterie (upper gundeck) 30 canons de 12 et sur les deux gaillards (quarterdeck et forecastle) douze canons de 12, deux caronades de 12 et deux autres de 68.
Une bordée (tirée par la moitié de l’artillerie à bord) correspond à projeter une masse de 1 148 livres de métal, soit une demi-tonne. Manœuvrer d’aussi lourds et nombreux canons nécessite un équipage important, théoriquement de 850 hommes pour le Victory (il y en avait 821 le matin de Trafalgar, 764 au soir dont 102 blessés) : un canon de 32 livres pèse 3,5 tonnes, dont 2,8 tonnes pour le tube de trois mètres de long et 750 kg pour son affût ; son boulet fait 14,5 kg pour 154 mm de diamètre. Les batteries sont protégées par la muraille de deux pieds d’épaisseur, les canons tirant à travers des sabords.

D’autres vaisseaux furent encore plus puissants, notamment le Santísima Trinidad espagnol et la classe Océan française. Le Victory est désormais un navire-musée, en cale sèche à Portsmouth.


[1La taille d’un canon est désigné en indiquant la masse de son boulet. Sur un vaisseau français, il s’agit surtout de canons de 36, 24 et 12 livres (les plus gros dans la batterie basse) ; sur un britannique des 32, 24 et 12 livres.

[2La flotte britannique est encore hors de portée des canons franco-espagnols et par vent arrière, elle peut donc faire force de voiles pour rattraper l’adversaire, déployant jusqu’aux bonnettes. Pour le combat, les bonnettes et la grand-voile sont rentrées, terminant sous huniers.

[3HMS : Her Majesty’s Ship, « navire de sa Majesté », préfixe usuel pour les navires de la Royal Navy.


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