Doc. : la hiérarchie urbaine en France

samedi 15 juillet 2017
par  Julien Daget
popularité : 2%

Ce sujet d’analyse de document a été publié comme annales zéro de l’épreuve anticipée du bac S en février 2012 [1].

Consigne : analysez le document pour dégager les caractères de l’armature urbaine du territoire de la France métropolitaine et les évolutions en cours.
Méthode : l’étude critique

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les principales villes françaises et leur évolution

Proposition de correction

Le document que nous allons étudier est une retranscription cartographique de données fournies par l’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques) concernant les principales unités urbaines du territoire français métropolitain, c’est-à-dire ultramarin non inclut. Une unité urbaine est une agglomération. Autrement dit c’est un regroupement très dense et continue de zone bâtie d’au moins 2 000 habitants. Ainsi, l’étude de ce document permet de dégager les principaux caractères de l’armature urbaine du territoire français métropolitains et leurs évolutions en cours depuis 1982. De plus, les informations de la carte, même s’il est nécessaire de les analyser, sont des données statistiques incontestables malgré leur ancienneté. Quelles sont les différents aspects des unités urbaines françaises que ce document souligne ? Tout d’abord, on étudiera la population des unités urbaine ce qui nous amènera enfin à étudier leurs évolutions de 1982 à 2007.

Réseau urbain
D’abord, le document souligne la très forte domination de Paris sur le territoire et l’armature urbaine française. Ainsi, la macrocéphalie parisienne est flagrante. En effet, Paris est la seule agglomération du territoire français à avoir plus de dix millions d’habitants. De cette manière, elle est la ville la plus peuplée du pays et aucune ville ne peut rivaliser avec elle. L’organisation des principaux réseaux de transports (LGV, autoroutes, aéroports) autour de Paris est une des causes à l’origine de la très forte centralisation en France. De plus, le relief du bassin parisien sur lequel Paris est situé favorise l’aménagement de ces réseaux et l’étalement urbain de la capitale. De plus, il n’y a que trois agglomérations de plus d’un million d’habitants sur le territoire français : Marseille, Lyon et Lille. Cela montre que le territoire français est largement dominé par la macrocéphalie parisienne d’autant plus que Marseille ne dépasse pas les deux millions d’habitants.

Ensuite, le document met en évidence que les autres métropoles françaises sont assez petites lorsqu’elles sont comparées à la capitale puisque la deuxième unité urbaine la plus peuplé atteint seulement les 1,7 million d’habitants. Cependant, le document nous montre aussi plusieurs métropoles d’équilibre dans le territoire français. En effet, Strasbourg, Lyon, Marseille, Bordeaux ou encore Lille, même si elles ne sont pas de véritables concurrents face à Paris, restent quand même importantes dans la mesure où elles possèdent entre 0,5 à 1,6 million d’habitants. On remarque aussi que toutes ces métropoles françaises d’importance sont situées en position périphérique sur le territoire national. En effet, aucune d’entre elle ne sont situé à moins de 100 km environ de Paris. Cette constatation s’explique par la prédominance parisienne : les unités urbaines trop proche de Paris subisse son influence (qui peut parfois être bénéfique comme pour Orléans). Ainsi, les villes doivent être relativement éloignées de la capitale pour pouvoir se développer.

La France se caractérise aussi par ces nombreuses unités urbaines de faible population. En effet, ce document met aussi en avant le nombre conséquent d’unités urbaines d’environ 200 000 d’habitants. Ces dernières se dispersent dans l’ensemble de la France. On voit ainsi que la grande majorité de la France est urbanisé étant donné que la majorité de la population appartient à des agglomérations. Cependant, certaine zone de France sont encore moins habité voir même désertique puisque elle reste vide sur la carte. Ainsi, ce dégage toute une zone appelé « la diagonal du vide ». Cette zone atteint des densités de population particulièrement faibles atteignant parfois moins de 30 habitants au kilomètre carré. Ce contraste est causé par les exodes ruraux du XIXe et du XXe siècle qui ont peu à peu vidé les campagnes. C’est cette « diagonal du vide » traversant la France du Nord-Est au Sud-Ouest, autrement dit de la Meuse aux Landes, qui a été particulièrement touchée par cet exode.

Évolution urbaine
Les unités urbaines qui enregistrent la plus forte croissance démographique sont, mise à part Marseille-Aix-en-Provence et quelques unités urbaines bretonnes comme Lorient, les métropoles du Sud et de l’Ouest du pays. En effet, leur croissance est de plus de 0,7 %/an en moyenne. Grâce à ce document, on remarque que les métropoles attractives sont situées sur des zones aux atouts climatiques plus cléments ainsi que d’une ouverture maritime. L’héliotropisme, c’est-à-dire la recherche du soleil, attire donc un grand nombre de population sur les littoraux tels que les touristes ou encore des retraités. L’ouverture maritime offre aussi un meilleur axe de communication et de commerce. Enfin, on remarque que les villes moyennes, c’est-à-dire entre 200 000 et 500 000 habitants, sont celle qui progresse le plus.

On remarque sur la carte que peu d’unité urbaine connaisse une évolution modéré. En effet, Paris, Lyon, Strasbourg ou encore Angers font parties des quelques agglomération qui connaisse une croissance de 0,5 %/an. Cependant, Paris, Lyon et Strasbourg reste des villes très peuplés (surtout Paris). En outre, cette variation représente tout de même une grande augmentation démographique étant donné que leur population était déjà élevée de base. Donc ces évolutions ne peuvent pas réellement être qualifiées de modéré dans la mesure où elle reste conséquente en ce qui concerne ces agglomérations. De cette manière, on voit que l’évolution des unités urbaines française est très contrastée. En effet, Angers, Perpignan, Tours et La Rochelle représente une part minime pour les unités urbaines. Ainsi, le territoire métropolitain français contient peu d’agglomération qui évolue de manière relativement stable mais qui, au contraire, connaissent toutes des variations soit élevés, soit faible.

Le document souligne aussi des unités urbaines aux variations faibles. En effet, pratiquement toutes les autres unités urbaines de France, notamment celles situés au Nord et à l’Est connaissent un déclin. En effet, Thionville, Saint-Étienne, Dunkerque ou encore Douai-Lens ont une croissance démographique inférieure à 0. On constate ainsi que la France peut être grossièrement divisée en deux parties. Cette séparation se ferait de Rennes, c’est-à-dire au Nord-Ouest, à Annemasse, c’est-à-dire à l’Est. Dans cette partie, la quasi-totalité des villes à l’exception de Paris connaissent une évolution qui stagne voir qui recule. Cette frange Nord-Est du territoire correspond à l’ancienne France industrielle qui a subi de plein fouet les crises économiques ce qui a abouti à la désindustrialisation du pays, c’est-à-dire la disparition progressive des activités industrielles. Ce phénomène invite des nombreuses industries à se délocaliser ce qui entraîne des problèmes de chômage massif. Ainsi, les populations de ces villes, pour trouver du travail, sont contraintes de partir ce qui explique les variations démographique du document. Enfin, la majorité de ces unités sont situé proche de Paris, l’influence de cette dernière a donc un effet négatif sur leur variation puisque, en regroupant les activités, Paris attire leur population.

Apports et critiques
En somme, l’étude de ce document permet de saisir les grandes tendances de l’évolution de l’armature urbaine française mais surtout de souligner les profonds déséquilibres de cette dernière ainsi que l’évolution différenciée des unités urbaines en France.

Cependant, l’expression des variations des unités urbaines ne permet pas de prendre en compte leur population de base. Ainsi, les petites unités urbaines connaissent plus facilement des évolutions élevées puisque la part de population qu’elle gagne sur le total sera plus grande. En découle des données moins proches de la réalité comme pour Paris qui ne semble pas, sur le document, être une agglomération très attractive. Ensuite, ce document présente exclusivement les unités urbaines du territoire métropolitain alors qu’une étude des agglomérations des territoires ultramarins aurait été intéressante dans la mesure où elle joue un rôle pour notre pays. Enfin, le document ne témoigne pas du fait que le dynamisme urbain dépend avant tout de grandes tendances liées à l’aménagement du territoire issues de décisions nationales et de logiques mondiales.



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