Doc. : 2016, l’odeur de la troisième guerre mondiale

dimanche 16 octobre 2016
par  Julien Daget
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Consigne : en analysant les documents, vous montrerez que la guerre civile syrienne implique plusieurs autres États, mais aussi que ces textes reflètent des points de vue différents.


Document 1

De nouveaux pourparlers internationaux se sont achevés sans avancées concrètes ce samedi à Lausanne pour tenter d’obtenir une nouvelle trêve en Syrie, notamment à Alep où la situation est catastrophique.

Des pourparlers sur la Syrie réunissant Washington, Moscou et les principaux pays de la région impliqués dans le conflit [1] se sont achevés, samedi 15 octobre dans la soirée, à Lausanne, sans avancées concrètes, alors que la guerre se poursuivait sans relâche.
Les participants à la réunion, la moitié soutenant le régime de Damas et l’autre la rébellion syrienne, se sont séparés après un peu plus de quatre heures de discussions dans un palace cinq étoiles, et ont convenus de « prolonger les contacts », selon le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, cité par les agences de presse russes. « Nous avons dit clairement qu’il fallait au plus vite commencer le processus politique [en Syrie] », a-t-il ajouté.
Son homologue américain John Kerry a quant à lui indiqué que « des idées nouvelles » avaient été échangées au cours de la réunion. Il a cependant mentionné « la tension » et des « échanges directs mais sans rancœur ».
Depuis plusieurs semaines, les bombes russes et syriennes pleuvent sans discontinuer sur Alep. La situation est telle que quatre ONG internationales, dont Save The Children, ont supplié les négociateurs de Lausanne d’établir un cessez-le-feu d’« au moins 72 heures » à Alep, pour permettre l’évacuation des blessés et l’accès de l’aide humanitaire.
Le régime de Damas et son allié russe affirment bombarder Alep pour éliminer les « terroristes ». Dans un entretien au quotidien russe Komsomolskaya Pravda publiée vendredi, Bachar al-Assad a déclaré qu’il utiliserait une victoire à Alep comme « tremplin » pour capturer d’autres bastions rebelles.

[…] Depuis mars 2011, le conflit en Syrie s’est complexifié et internationalisé, provoquant la mort de plus de 300 000 personnes et dévastant le pays. Plus de 13,5 millions de Syriens, dont six millions d’enfants, ont besoin d’aide humanitaire, selon l’ONU.

« Syrie : peu d’avancées concrètes lors des nouveaux pourparlers à Lausanne », France 24, 16 octobre 2016. → http://www.france24.com/fr/20161015-syrie-peu-espoir-autour-nouveaux-pourparlers-lausanne-alep-negociations-humanitaire-assad


Document 2

Dans une interview accordée au journal russe Komsomolskaïa Pravda, le président syrien a évoqué la crise syrienne qui déchire le pays depuis cinq ans, le terrorisme et la position de l’Occident à l’égard de Damas.

Les tensions globales, et surtout en Syrie, dégénèrent en troisième guerre mondiale, selon le président syrien qui considère que les États-Unis n’ont jamais mis fin à la guerre froide de leur côté. « Aujourd’hui, nous observons la situation, semblable à une guerre froide en état de développement… Nous voyons l’escalade du conflit, dont le but principal est de maintenir l’hégémonie américaine sur le monde, de ne permettre à personne d’être un partenaire sur la scène politique ou internationale, qu’il s’agisse de la Russie ou même de leurs alliés en Occident. C’est pourquoi l’odeur de la troisième guerre mondiale se fait sentir dans l’air – mais ça n’est pas encore un affrontement militaire direct », fait remarquer le président syrien.

Bachar el-Assad a reconnu que le conflit syrien avait aggravé les relations russo-américaines. Selon lui, le problème est que Moscou et Washington ont des idéologies et des approches différentes. « La Russie veut lutter contre le terrorisme, pas seulement à cause de la Syrie et de la Russie elles-mêmes. Elle veut lutter pour toute la région, pour toute l’Europe et pour tout le monde… Les Américains sont sûrs, depuis la guerre en Afghanistan dans les années 1980 et jusqu’à présent, que le terrorisme est un atout qu’on peut toujours mettre sur la table », a-t-il expliqué.

« Tous les médias étrangers tirent leurs informations sur la situation en Syrie de l’étrange organisation appelée « Observatoire syrien des droits de l’homme », qui comme je l’ai compris, est constituée d’une personne [qui habite à Londres] », a estimé le président syrien en l’expliquant par le fait que l’Occident « n’a pas besoin de faits réels ». « La plupart des gens, en Occident, ont des cerveaux lavés concernant de la Syrie, l’Ukraine et la Russie. L’Occident a réussi à influencer l’opinion publique. Le lavage de cerveaux est un de ses outils », a-t-il ajouté.
L’État islamique existe depuis déjà dix ans, a révélé Bachar el-Assad. « Daesh a été créé en Irak sous surveillance américaine », affirme-t-il, rappelant qu’à l’époque, le groupe terroriste s’appelait « L’État islamique de l’Irak ».

Le président syrien a également affirmé que l’Armée syrienne libre que l’Occident considère comme des rebelles luttant contre le gouvernement syrien était en réalité un mouvement radical. « Si on regarde sur internet, nous verrons que des gens ont été décapités [par l’Armée syrienne libre] dès les premières semaines… Et, quand le mouvement a commencé à s’élargir et qu’il est devenu impossible de cacher les crimes par décapitation, l’Occident a dû reconnaître l’existence du Front Al-Nosra. Mais dans les faits c’est l’Armée syrienne libre. C’est Daesh », a-t-il révélé.

Avant la crise en Syrie, l’Arabie saoudite et la France avaient demandé à Damas de s’éloigner de l’Iran sans donner aucune explication, a révélé Bachar el-Assad. « Tout simplement parce qu’ils détestent l’Iran », a-t-il expliqué. Et après le début de la guerre syrienne, Ryad a déclaré sans ambages être prêt à fournir de l’aide en cas de rupture des relations avec Téhéran.

« Bachar el-Assad : la Syrie connaît déjà l’odeur de la troisième guerre mondiale », rt.com [2], 14 octobre 2016. → https://francais.rt.com/international/27592--assad--syrie-troisieme-guerre-mondiale


[1L’Arabie saoudite, l’Égypte, l’Irak, l’Iran, la Jordanie, le Qatar, la Turquie et l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie Staffan de Mistura. La France et le Royaume-Uni n’ont pas été conviés.

[2RT désigne Russia Today, la chaîne de télévision russe d’information en continu, financée par le gouvernement russe.


Documents joints

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