Doc. : le portable en Afrique

lundi 22 août 2016
par  Julien Daget
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Le portable en Afrique

Consigne : montrez en quoi les deux documents rendent compte de la situation contrastée du continent africain face au développement.
Méthode : l’analyse de doc(s)


Document 1 : abonnés à la téléphonie mobile, pour 100 habitants, évolution 2010-2013
Source : http://donnees.banquemondiale.org/indicateur/IT.CEL.SETS.P2


Document 2 : M-Pesa

Meilleur au monde, le système surfe sur la pénétration du téléphone portable et la croissance d’une économie tournée vers l’avenir.

Demandez à un Kényan s’il lui arrive d’utiliser M-Pesa pour régler une facture. Il vous regardera d’un œil incrédule. « Évidemment ! » Il faut dire que ce système est le plus développé au monde, alors... Dans les rues de Nairobi, où vols et braquages restent une menace, M-Pesa permet notamment aux habitants d’éviter les déplacements avec de l’argent liquide. Au volant de son taxi bringuebalant, James Chege raconte combien M-Pesa - pesa signifie argent en swahili - est pour ses clients comme pour lui un gage de sécurité. Un petit panneau collé sur le tableau de bord de sa vieille Hyundai indique le numéro de son compte.

Gage de sécurité, le système est utilisé partout grâce à un compte personnel
« C’est un système intelligent et pratique : à la fin de la course, les clients tapent mon code, m’envoient un paiement via leur mobile, je reçois alors un message de confirmation », explique le trentenaire, casquette vissée sur la tête. Les clients paieront une légère commission sur la transaction. « C’est quasiment immédiat, et cela me permet aussi de travailler plus tranquillement, notamment la nuit », ajoute-t-il. « Les bugs sont rares, mais arrivent de temps en temps », admet-il en soulignant que les clients mécontents peuvent toujours se retourner vers l’opérateur historique, Safaricom. La maison mère, qui intègre directement le système dans les téléphones de ses abonnés, est plutôt réactive aux réclamations, disent les utilisateurs rencontrés. Et pour cause, M-Pesa représente une part croissante des bénéfices du groupe.
Car au-delà des transactions entre particuliers, les restaurants, bars et magasins en tout genre affichent désormais près de leur caisse la série de chiffres qui compose leur compte M-Pesa. Les entreprises s’en saisissent aussi pour leurs commandes, notamment les plus innovantes d’entre elles. Nailab est un incubateur de start-up situé dans un immeuble flambant neuf qui domine Ngong Road, l’une des principales artères vers le centre. Installé devant son écran, Charles Muchene développe pour sa start‑up des gilets électroniques qui améliorent la sécurité des boda-bodas, ces motos taxis du Kenya qui inondent les villes depuis quelques années. « Nous commandons tous nos composants électroniques par M-Pesa. Notre expérience, c’est que le système est maintenant plus efficace que les banques classiques, car les gens ont confiance dans le paiement et surtout l’argent arrive plus vite, donc les commandes aussi. Je n’ai quasiment plus besoin de compte en banque », dit le jeune homme, le sourire aux lèvres.

Le système pallie l’absence de banques dans les zones reculées
Le système, qui permettait à l’origine des transferts d’argent simples et efficaces par mobile, a justement permis de pallier la présence souvent erratique des banques dans les zones rurales du Kenya. Nelson Kiplimo cultive du maïs et du thé dans un hameau perdu près de la frontière ougandaise, à une heure de route de la ville d’Eldoret. « Ma famille, à Nairobi, m’envoie de l’argent chaque semaine pour me permettre d’acheter des outils, des graines et toutes les dépenses du quotidien », dit le jeune calenjin, de l’ethnie majoritaire dans la région et qui a donné au Kenya ses plus célèbres marathoniens. « Sans M‑Pesa, il faudrait marcher jusqu’en ville, sans parler du temps que l’argent mettrait à arriver », insiste-t-il. Encore faut-il pouvoir le récupérer. Une dizaine de maisons de boue séchée s’étirent le long de la route. Pas une banque à l’horizon. Mais dans ce village écrasé par le soleil, on trouve une échoppe peinte de couleur verte, emblème de la marque. Safaricom a misé sur une identité visuelle forte, un vert émeraude dont l’omniprésence rappelle celle du rouge de Coca-Cola, et sur une multiplicité d’agents. Ils sont désormais 60 000, épiciers, vendeurs ou encore pharmaciens, à avoir ainsi coloré leur devanture. « En échange d’un dépôt initial, chaque commerçant peut recevoir l’agrément pour devenir agent M-Pesa, et toucher un peu d’argent », explique Edwin Obachi, qui tient un magasin de pneus à Nairobi. Un complément d’activité séduisant pour ces petits commerçants, qui a favorisé un maillage territorial impressionnant, au cœur du succès de la marque.

Preuve que les clients sont loin de s’en détourner malgré les dernières légères hausses de tarifs qui font grincer les dents, l’activité de M-Pesa a bondi de 20 %, rien qu’au premier semestre 2013. Et Safaricom ne compte pas s’arrêter là. L’opérateur innove avec de nouveaux services bancaires mobiles, comme M‑Shwari, et projette de lancer en 2015 un système entièrement rénové, plus rapide et plus fiable, pour répondre à l’explosion attendue des transactions dans ce pays dont la croissance dépasse les 5 %.


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